Agriculture

Quels sont les rôles et défis essentiels de l’agriculture de demain ?

La fonction première de l’agriculture est de produire des aliments pour couvrir les besoins nutritionnels de sa population. A l’horizon 2050, l’agriculture et la forêt devront nourrir en France 71 millions d’habitants et le bétail, fournir énergie et matériaux tout en préservant la fertilité des sols, la qualité des eaux, la biodiversité, le climat. Disposerons-nous encore des agriculteurs, des surfaces nécessaires et de l’énergie (raréfaction des énergies fossiles et augmentation de leurs coûts) pour satisfaire tous ces besoins ?

Selon la note n°126 de novembre 2013 de l’Agreste Auvergne, l’agriculture participe à hauteur de 2,2% à la création de la valeur ajouté régionale (environ un milliard d’euros), taux supérieur à la moyenne nationale (1,7%).
Elle contribue à 5% des emplois contre 2% au niveau national. En 2011, selon la MSA (Mutualité Sociale Agricole) 41 000 personnes ont travaillé dans les 23170 exploitations auvergnates. Les actifs agricoles jouent un rôle de premier plan tant pour le maintien du tissu social que pour le dynamisme de l’économie locale. Par la production qu’elle génére et les services qu’elle utilise, l’activité agricole favorise 10300 emplois induits. Selon Pôle Emploi, cela représente 10% des projets de recrutement de la région en 2013.
Si l’on regarde les évolutions dans le temps (Memento 2014 ci-joint), l’Auvergne comptait 23 700 exploitations agricoles en 2010. Avec une baisse annuelle de 2,3 % depuis 2000, la diminution du nombre d’installations ne permet pas le renouvellement des exploitants qui partent à la retraite.

Cette tendance régionale se retrouve au niveau national et la disparition progressive des agriculteurs est accrue dans un contexte de compétitivité internationale de plus en plus dure. En effet, malgré une grande technicité et un bon niveau de productivité, l’agriculture familiale française est aujourd’hui menacée par l’arrivée massive de matières premières agricoles produites par d’autres pays avec une main-d’œuvre bien meilleure marché dans des cadres réglementaires moins rigoureux.

Défi n°1 : le développement de systèmes de production durable en moyenne montagne
Le concept d’agriculture durable est incarné à travers la mobilisation de réseaux comme le RAD (Réseau Agriculture Durable) ou d’organisations comme les CIVAM.

Défi n°2 : Vers la relocalisation et la diversification des modes de commercialisation des produits agricoles
Suite aux scandales alimentaires et à demande d’une partie des consommateurs de mieux maîtriser leur alimentation, une tendance forte à l’achat en local se développe depuis une dizaine d’années (exemple à travers le développement des AMAP).
Ce mouvement est désormais soutenu par les collectivités locales qui appuient financièrement à la fois des producteurs qui se diversifient et s’inscrivent dans des démarches durables (Contrat territorial agriculture durable du Conseil Général du Puy de Dôme), mais également des structures de restauration collectives faisant appel à des produits locaux de qualité (dispositifs Auvergne Bio Distribution, AgriLocal03 et AgriLocal63. La commande publique joue aujourd’hui un rôle essentiel dans la structuration et le renforcement des filières agricoles locales.

Une nouvelle phase de diversification de la production agricole est en route tant à l’échelle de la ferme, dans le cadre d’un système faisant appel à la complémentarité agriculture-élevage, qu’à l’échelle de la région avec la demande croissante en produits locaux.

Pour aller plus loin

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Memento de la statistique agricole